Au-delà de l’interactivité
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Ecrit par Janique Laudouar le 10 juin 2008 – 19:06
Du 3 au 8 juin le centre de le ville Issy-les-Moulineaux (« Issy l’audacieuse ») exposait sur des écrans géants jour et nuit une sélection d’œuvres d’art.(Roland Cahen actionnant le Bandoneon)
Un entretien avec le président du Cube Nils Aziosmanoff.
Avec « Les arts numériques réinventent la ville », Le Cube Festival invitait à se promener dans les rues entre Bandoneon (Xavier Boissarie et Roland cahen) et Smoke Treede John Gerrard. Parallèlement l’inauguration du festival avait lieu sur l’île culturelle de MCD (Musiques et cultures Digitales) , une belle surface lisse et froide, à première vue éloignée de l’esprit guinguette et nappe à carreaux de la « vie réelle » de l’esplanade de l’Hôtel de Ville. Mais sur le net, il faut y être et vivre l’expérience pour en parler c’est ce qu’auront fait les avatars conviés à circuler dans les mondes virtuels de MCD. Le bâtiment du Cube dans Second Life et ses facades constituées de « peaux d’écrans » s’inspire-t-elle de Shanghai où Le Cube a récemment exposé? Question posée à Nils Aziosmanoff, Président du Cube.


Nils Aziosmanoff, Président du Cube et Maurice Benayoun, artiste, CITU qui présentait avec Jean-Baptiste Barrière Emotion Vending Machine
Quelles ont été les récentes expostions du Cube à Shanghai?
Nous avons eu deux expositions. Une première exposition pendant l’ouverture de bureaux de la région Ile de France à Shanghai, opération financée par la région Ile de France, une manière de valoriser à la fois l’innovation technologique et et la création. Une deuxième exposition un an plus tard en 2007 à l’occasion des premières Nuits Blanches à Shanghai, organisées par le Consulat de France, une exposition d’art numérique sur 2000 m2. On a réalisé cette expostion avec des oeuvres produites au Cube. Les deux expositions ont très bien marché. Là bas, il sont en avance sur tous les usages et technologies
L’idée des écrans dans la ville s’inspire de la ville de Shanghai?
Il y a non pas des dizaines, mais des milliers d’écrans dans Shanghai. Dans certaines rues il y a en a 4 tous les 25 m, on marche presque dans un couloir virtuel, à 95 % de la publicité et d’information.
Les gens sont attentifs à cette publicité, ils la lisent, ils s’arrêtent pour regarder?
Les gens sont une sorte de continuum d’images publicitaires, c’est plus de la rémanence rétinienne Ils sont dans la publicité. On a parlé avec les responsables des écrans, et pour eux l’objectif n’est pas que les gens s’arrêtent pour regarder la publicité, c’est plutôt qu’ils soient dans un continuum de publicité
Où en est le projet Shanghai 2010 et votre éventuelle participation?
Nous sommes en discussion avec les officiels et les organisateurs de Shanghai 20010 pour arriver àmointrer des oeuvres dans les écrans. Etant donné la situation diplomatique entre la France avec la Chine actuellement je ne peux rien dire.
Comment définir « l’innovation radicale » qui est la marque du Cube?
En fait il existe une innovation incrémentale, l’aggrégation de briques technologiques, qui vont améliorer un certain nombre d’usages mais qui ne vont pas être dans une rupture d’usages, et une innovation de rupture, qui permet de faire des choses qu’on ne faisait pas du tout avant.
Par exemple?
Par exemple, ce qu’on a vu pendant le festival, l’utilisation des mobiles, des consoles de jeu, des GPS, qui induit des formes d’art social urbain qu’on n’aurait pas pu imaginer avant. Pouvoir géocaliser ou profiler les personnes grâce à ces ces technologies apportent des paradigmes non encore explorés. Autre, exemple, tout ce qui est oeuvres comportementales, oeuvres relationnelles, intelligence artificielle, qui nous amènent dans une relation bien plus qu’interactive.

Le but de de ce jeu de Xilabs est de rencontrer physiquement un deuxième participant qui a trait pour trait le même rythme cardiaque (MYHT - Meet Your Heartbeat Twin - Ivo Flammer Et Wolf Ka (France)
Le fait d’aller en Asie vous a-t-il apporté des perspectives, quel avenir pour les technologies, « au delà de l’interactivité », expression que vous avez employé?
On va vers une porosité, une hybridation, de plus en plus forte entre le réel et le virtuel on va dans un monde qui sera en permanence maillé à l’univers virtuel, en permanence connecté à un autre espace temps.
Comment s’y préparer? En jouant, en étant acteur sur les réseaux?
En étant acteur, certainement, aujourd’hui les internautes sont aguerris à ces usages, c’est quelque chose qui entre dans la vie quotidienne
Beaucoup de gens parmi les décideurs pratiquent-ils, sont-ils informés et capables de’appréhender ces usages quotidiens?
Mon sentiment à moi est qu’on est plutôt sur des problématiques de back office, de tuyaux, d’infrastructures, que d’usages et d’interfaces. Voir les Asisses du numérique d’Eric Besson, (ndlr Eric Besson : Secrétaire d’Etat chargé de la prospective, de l’Evaluation des politiques publiques et du développement de l’Economie numérique)
par exemple. Alors que le Cube Festival met en scène un certin nombre d’interfaces.
Pourtant les tuyaux existent?
40 % de la population n’est pas connectée, il y a des zones blanches et il faudrait du très haut débit.
Y aura-t-il de nouveaux usages citoyens, avec la “ville numérique”?
A partir du paradigme du jeu vidéo on peut aller vers le serious game, développer des applications qui auront des usages professionnels.
Dans l’éducation, par exemple?
Oui nous menons une expérience avec l’éducation nationale, ça marche très bien (ndlr : projet scolaire innovant “Les lapins du futur” avec le lapin Nabatzag de Violet).
Quel serait le slogan de ce dernier festival, “Les arts numériques réinventent la ville?”
Ce serait la ville augmentée, la ville relationnelle. Des dimensions qu’on ne pouvait pas percevoir jusqu’à présent et qui apparaissent maintenant.
Illustration : Bandoneon Xavier Boissarie, Roland Cahen (France) installation interactive


